Demain, l’école !
École ! Mon école ! J’écris ce billet pour sensibiliser les acteurs qui naviguent dans les eaux troubles de nos écoles. De Conakry à Paris, les problématiques de l’école sont, certes, différentes, mais on peut s’accorder sur une seule chose : la primauté de l’intérêt de l’enfant. Plus que jamais, l’urgence est de créer des conditions bienveillantes et sécurisantes pour faciliter l’apprentissage de l’enfant.
« Les maîtres d’école sont des jardiniers en intelligences humaines. »
Victor Hugo, Faits et croyances, 1840.
Indéniablement, les mots précèdent les actes
Imaginons un enseignement centré sur la non-violence verbale, physique ou psychologique. Ne voyons-nous pas que cela serait bénéfique pour l’enfant et pour son intelligence intrapersonnelle. Ne voyons-nous pas que cela serait une ouate pour son hygiène psychologique. Ne voyons-nous pas que cela serait salutaire pour la construction saine de l’adulte en devenir. Comme dirait l’autre, il est grand temps de rallumer les étoiles dans les yeux de chaque apprenant. Commençons par trouver les mots justes pour interagir avec les élèves. Essayons-nous à l’empathie pour parler aux écoliers.
- Utilisons les mots qui apaisent.
- Utilisons les mots qui motivent.
- Utilisons les mots qui soignent.
- Utilisons les mots qui réparent.
- Utilisons les mots qui réconfortent.
Soyons des héros et non des bourreaux
Acteurs de l’éducation ! Oui, il est possible d’enseigner le savoir en instaurant des relations saines avec les enfants. Oui, il est possible de poser des limites avec fermeté mais tout en douceur. Pour ce faire, accordons aux apprenants toute l’importance que nous souhaitons qu’ils nous accordent.
- Oublions le chantage.
- Oublions la corruption.
- Oublions les punitions à outrance.
- Oublions les rapports de force.
Embrassons plutôt la coopération, l’entraide, l’engagement et l’adhésion à un objectif partagé : l’épanouissement de tout un chacun.
« Dès que les professeurs commencèrent à le traiter en bon élève, il le devint véritablement.«
Marcel Pagnol, Le temps des amours, 1977.
Le regard des enseignants influence les résultats des élèves : l’effet Pygmalion.
En dépit de tous déterminismes sociaux, en dépit de toutes sortes de prédispositions innées, on peut s’accorder tous que réussir ou échouer, ne dépend pas que de soi uniquement. Dans le jardin de l’apprentissage, certes, la notion de perception de soi y joue sa partition. Mais quand est-il exactement de la perception de l’enseignant vis-à-vis de l’élève ?

L’effet Pygmalion (ou effet Rosenthal et Jacobson) est une théorie qui démontre les conséquences du comportement de l’enseignant vis-à-vis de l’enfant. Explicitement, la perception (positive ou négative) de l’enseignant sur l’enfant devient la réalité de ce dernier, et ce, par un processus d’internalisation. Je l’expliquerai comme suit : si l’enseignant trouvait l’enfant intelligent, l’enfant penserait la même chose de lui-même. Je ne peux pas prétendre quantifier ce concept mais je plussoie l’idée sous-jacente.
Aux enseignants soucieux du devenir de l’enfant, ne faites plus l’économie de compliments
Il ne s’agit pas de faire la part belle à un apprenant. Il s’agit, tout simplement pour un enseignant, de savoir apprécier les petites avancées comme les grandes, dans le quotidien d’un écolier. Soyons plus dans l’encouragement et moins dans le jugement.
- Privilégions la bienveillance.
- Privilégions l’autodiscipline.
- Privilégions l’autocompétition.
Chers éducateurs, vous pouvez le faire. Vous pouvez façonner des enfants remarquables. Vous pouvez modeler des générations exemplaires en suscitant chez l’enfant le désir d’apprendre, le courage de s’améliorer et l’élan de créativité.
Quels plans d’actions correctives (PAC) pour l’école de demain ?
Ceci n’est pas une utopie. Mais une réalité implacable.
Ceci n’est pas un réquisitoire mais une plaidoirie pour un apprentissage bienveillant.
Mon écrit peut sembler moralisateur mais il en est autrement. Je souhaite que l’école guinéenne (pour ne citer que celle-ci) fasse peau neuve. Exit les violences éducatives ordinaires, l’échec scolaire, le décrochage scolaire, l’école buissonnière, la délinquance juvénile etc…
À vous, les décideurs, vous pouvez mettre en place les conditions financières, techniques et matérielles pour faciliter le travail des éducateurs.
Au nom de l’équité et de la justice sociale, vous pouvez changer de paradigme en ce qui concerne l’environnement éducatif. Vous pouvez le faire. Qu’attendez-vous ?
« Si l’on ne s’estime pas investi d’une mission, exister c’est difficile ; agir impossible.«
Emil Michel Cioran.
Je préconise de former les enseignants à une nouvelle forme d’enseignement
En préliminaire, ce changement requiert un travail personnel à faire par chaque enseignant. Je mets l’accent ici, sur le travail sur soi de l’éducateur. Il doit chercher à évoluer en permanence, à se transformer et à donner le meilleur de lui-même. L’éducateur n’est pas une pièce anodine dans le puzzle de l’apprentissage. Au contraire, l’éducateur en est la pièce angulaire.
Tous en avant pour le bien-être de l’enfant.
*Éducateur = instituteur.ice, maître.sse, enseignant.e etc…