Josette NIANKOYE

L’étrange missive du vieux Bamba

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Dans la petite ville de Sombory*, la vie s’était arrêtée depuis la grave panne de la machine. En effet, l’usine qui faisait vivre les habitants, avait cessé ses activités. Ces derniers accusent le coup et s’interrogent intérieurement: Qu’était-il arrivé à cette charmante ville et par dessus tout qu’avaient-ils fait au bon Dieu pour mériter cette funeste situation?

Ce vendredi dès l’aurore, alors que les grisailles recouvraient encore un pan du ciel bleu, le vieux Bamba accueillait dans sa cour, les sages de Sombory. Mais que faisaient-ils là de sitôt, tous parés de « blanc immaculé ». En effet, comme chaque premier vendredi du mois et cela depuis plus de quatre ans, les sages de Sombory se réunissaient chez le plus ancien d’entre eux « le vieux Bamba » pour honorer le traditionnel sacrifice.

En raison de l’arrêt prématuré de l’usine et le chaos qu’il avait engendré sur leur mode de vie, la population somborienne était persuadée qu’une malédiction a été lancé sur la ville. Quatre années de vaches maigres ! Quatre années de malheur ont suffit à faire de Sombory, une « ville maudite ». Sinon, comment expliquer, ce noir total dans la ville et ce silence digne d’un cimetière ambulant ? Sur la grande place du marché, les bonnes femmes et les marchands à la sauvette se le demandent perplexes.

Encore, ce matin-là, dans la cour du vieux Bamba, les commentaires foisonnaient à merveille. Pour les plus superstitieux, le tout puissant punit la population pour ses errements du passé. Hélas ! La jeune population somborienne avait des années de mauvaises conduites derrière-elle estimaient les vieux sages. Pendant longtemps, la ville de Sombory avait fait florès dans cette petite contrée ouest-africaine. L’afflux des touristes étrangers, les fêtes nocturnes, la prééminence des boites de nuit sur les lieux de culte, l’ivresse des samedis soirs, la perdition de la jeunesse… Et pour clore le tout, le succès de Sombory avait enhardi ses habitants qui, pensaient se suffire à eux-mêmes en méprisant les autres villes du pays. Fort malheureusement, ils avaient oubliés que « le mépris se ment à lui-même, quand il croit se suffire » soliloquait le vieillard.

Lassés de la tournure de la situation, les habitants bien qu’ insurgés contre les hauts dirigeants du pays, avaient plus que jamais remis leur sort à Dieu. Pendant des jours, des semaines, des mois, des années, ils avaient priés avec ferveur pour demander pardon au tout puissant. Dorénavant, les mosquées et les églises abondaient de personnes et surtout les jeunes, eux qui, autrefois, désertaient ces lieux sacrés.  Les sages quant-à eux, multipliaient les sacrifices : des moutons, des brebis, des vaches… Tout était opportun pour implorer la miséricorde divine afin de sauver Sombory.

Ce matin-là, encore, chez le vieux Bamba, on pouvait entendre dans la bouche des sages : Dieu est grand ! Il ne laissera pas tomber ses fils. Nous n’avons plus d’eau potable et même plus d’électricité. Dire qu’il y a une vie à Sombory relève d’un euphémisme, arguait le vieux Bamba allongé dans son hamac.

Il n’avait pas tord le vieux. Il n’y avait plus de vie à Sombory. La grande faucheuse était passée par là et avait emportée avec elle, la plupart des anciens ouvriers et employés de l’usine. Pas plus tard qu’hier, on enterrait l’un d’entre eux : Moussa, le chaudronnier. Pour le vieux Bamba, ces derniers sont morts par chagrins et soucis car ce coma artificiel de l’usine et cette mort cérébrale de la ville, a anéanti leurs espoirs de gagner leur croûte. Ils étaient si jeunes regretta t-il amèrement. Comment ces jeunes femmes désormais sans époux et ces enfants sans père en l’occurrence sans héritage vont-ils subsister au quotidien ? Elles n’auront désormais que ce sourire factice pour se fondre dans la masse et continuer à vivre s’empressa de répondre un des sages.

Pendant ce temps, alors que le cocorico du coq retentissait dans la cour et annonçait le matin, le marchand de pain chaud ouvrait son commerce. Soudain, dans sa réflexion momentanée, le vieux Bamba se rappela, qu’il avait oublié de lire la missive qui lui était parvenue hier soir. Plongeant, sa main dans la poche droite de sa tunique blanche, il saisit délicatement l’enveloppe, l’ouvra et se mit à lire son contenu sans sourciller. Dans sa lecture, son expression du visage semblait se figer, on n’aurait dit qu’il venait d’apercevoir à la fois, l’ange Gabriel et l’ange de la mort. Achevant donc sa lecture, il remit avec soin la missive dans sa poche et scruta longuement le ciel bleu-gris.

Tous dans la cour, avaient les yeux fixés sur lui, tous même le coq qui avait arrêter de chanter. Sentant alors l’air lourd et les regards inquisiteurs, d’un bond non rassuré, il se leva et s’engouffra dans sa maison. Quelques secondes plus tard, le vieux Bamba en ressortait chapelet à la main. Et d’une voix indescriptible, il lança : « mes amis, prions ; le dénouement est maintenant possible. Nos prières ont été exaucées. Dieu a enfin voulu dénouer le nœud qu’il avait noué. Oui, mes chers, la malédiction de Sombory est en fin arrivée à sa péripétie… »

Une histoire vraie.

*Sombory = Fria.


Le vélo et son charme désuet dans ma contrée !

 

Le vélo en Guinée n’est pas roi comme dans d’autres contrées d’Afrique. Pour apporter une once de lumière sur l’utilisation du vélo dans mon pays, il faut en préliminaire, commencer par soi, se prendre pour point de départ, mais non pour but. Je me dois donc de vous conter mon expérience personnelle.

Tout commence dans cette belle cité des ingénieurs quelques parts en Guinée. Là-bas, les standings de vie des familles étaient différents les uns des autres. Ce qui faisait que les enfants de la cité n’avaient pas tous les mêmes chances de jouir pleinement du bonheur de posséder un deux-roues. En fait, la présence d’un vélo dans une famille lambda avait une connotation positive. Cela signifiait augmentation de revenus, changement de statut ou aisance matérielle. Dans ma cité, posséder donc un vélo (BMX ou VTT), à l’instar d’une voiture, relevait du privilège et appartenait uniquement aux nantis. Ainsi, un parent qui se hasardait à l’offrir à sa progéniture voulait le récompenser pour ses bonnes notes à l’école, pour sa bonne conduite ou en guise de cadeau d’anniversaire.

En ce qui me concerne, mon rapport au vélo a été une expérience aussi ludique que périlleuse. Je l’avoue ! J’ai toujours eu une peur bleue de monter à vélo. Autant je ne l’avais pas encore, autant je m’en méfiais diablement. Il faut dire que mon père y était pour quelque chose. Pour lui, l’usage du vélo est considéré comme quelque chose de masculin. « C’est pour les garçons, me disait-il, et toi, tu es une fille ». De son gré, les filles étaient trop fragiles pour conduire un vélo. Elles risqueraient de se faire mal, de se blesser et se faire des vilaines tâches.  Il me le rabâchait incessamment. Alors pas question de permettre cela. Paradoxalement, mes frères n’avaient que faire du vélo, ils préféraient passer leurs vacances à jouer au Nintendo ou au ballon.

Il m’a fallu donc attendre une éternité avant de goûter au plaisir que pouvait me procurer l’usage du vélo. Jusque-là, je me contentais du seul spectacle offert par les voisins. Assise sagement sur la terrasse de la maison familiale, le regard perdu dans ce décor pittoresque, je m’amusais et me délectais des nombreux aller-retours des voisins sur leurs vélos. Sur les pentes de la rue adjacente à nos maisons, mes copines et leurs frères roulaient à bride abattue sans se soucier de tomber. Je les enviais énormément et eux, ils me le rendaient si bien en me narguant amicalement par un coucou.

Qu’à cela ne tienne, mon supplice s’est arrêté un après-midi ensoleillé d’Août, quand ma mère en a eu marre de me trouver toujours assise sur le perron en train de scruter les voisins. Elle décida à l’insu de mon père que l’heure était enfin venue pour moi de connaître ma première expérience à vélo. Elle profita donc de son absence à l’étranger pour m’acheter un vélo. Le jour d’après, j’avais enfin mon nouveau joujou: un BMX tout flambant. J’allais enfin pouvoir rendre la pareille à mes amis en devenant actrice et non spectatrice de la magie enchantée des deux roues.

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En compagnie de mes frères, mon apprentissage a été rapide et efficace, j’étais fière de sortir enfin de l’enceinte de notre maison pour aller épater mes voisins. Ils étaient là, stupéfaits. C’était à leur tour de savourer mes prouesses. Un tour, deux , puis trois tours à vélo, je faisais déjà mes preuves. En revanche, l’enchantement n’a duré que quelques semaines avant que n’arrive le jour fatidique: ce moment où le charme du vélo se rompit irrémédiablement. Ce fut le jour où je tombai pour la première fois devant mes camarades et m’écorchait le front, le genou, le coude et la paume de la main. Le vélo, pour moi, s’était désormais fini. Pendant, un long moment, je n’y ai plus touché. Mon expérience avec le vélo a donc été placée sous le sceau d’une aventure dangereuse.

Par ailleurs, force est de constater que le vélo possède un autre aspect que celui, ludique, que les enfants comme moi lui ont prêté. En effet, l’usage du vélo comme activité ludique s’estompe petit à petit quand on se déplace de la ville vers les campagnes. Ainsi, analyser la place du vélo en Guinée revient à opposer la zone rurale et la zone urbaine. Dans les villages et les campagnes, la bicyclette comme on l’appelle là-bas, représente une nécessité vitale pour les habitants et elle est profondément ancrée dans une réalité de survie quotidienne.

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@UNESCO

Exemple du village de Sibata dans la région forestière de Guinée, où  le vélo est l’oxygène de vie des paysans. C’est lors de mes vacances à Sibata que j’ai compris ce qu’est réellement le vélo, et l’importance qu’il revêt pour les plus démunis. Je vous explique! C’était une de ces matinées fraîches, où les mangues trop mûres tombaient nonchalamment dans la cour de mon grand-père et où l’odeur des goyaves se faisait imposante, que je fus témoin d’un véritable film qui se déroulait devant mes yeux. L’histoire a eu lieu devant le puits du village et avec quatre acteurs principaux qui se servaient du vélo dans une logique de survie quotidienne.

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Le premier, un paysan sur sa bicyclette revenant de la chasse, son gibier accroché à un des roues, s’était arrêté pour remplir sa gourde d’eau et papoter avec ces bonnes femmes du matin. Il allait loin, au prochain village, pour rapporter le gibier à sa femme qui devrait en faire le repas de la journée. Peu après, je vis cet autre paysan à la fois pressé et inquiet, transportant sa femme enceinte au centre de santé du coin, sur une bicyclette d’infortune. Cette action paraissait banale pour les habitants du village alors que pour moi, elle était incroyable. Ensuite, une troisième personne: un jeune garçon âgé d’une dizaine d’années était sur le chemin de l’école du village qui se trouvait à 10 km. Il n’était pas seul. Il partageait la même bicyclette avec son jeune frère.

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Enfin, le film se terminait avec une femme bien âgée mais encore endurante. Cette dernière après avoir rempli ses bidons jaunes d’eau du puits, les accrochaient à son vélo et repartait pour une destination lointaine.  Arpentant les routes non bitumées du village, ces quatre personnes, bien que différentes, avaient toutes une raison primordiale de s’approprier la bicyclette. L’enjeu était vital pour elles. Ce qui relevait d’une activité de loisir pour moi ne l’était pas pour ces quatre personnes susmentionnées. Le vélo pour eux, c’était un moyen de transport, à l’instar de la voiture. Par ce moyen, elles accomplissaient quelque chose d’une envergure importante. Elles survivaient à la vie.

Des vies humaines dépendent sans doute chacune de l’usage de la bicyclette comme moyen de transport. L’enjeu est même pécuniaire pour certains propriétaires de vélo, qui s’octroient le luxe de le transformer en vélo-taxi. C’est le cas dans les grandes villes guinéennes comme Kankan, Nzérékoré ou Macenta. Il s’agit de transporter une personne ou des marchandises d’une place à une autre, d’un marché à un autre ou d’un village à un autre. Toutefois, même si le vélo est considéré depuis Mathusalem comme moyen de locomotion pratique et abordable pour les habitants des zones rurales, on assiste depuis une dizaine d’années à leur obsolescence. Les vélos-taxis disparaissent lentement pour laisser la place aux taxis-motos. Avec ces derniers, on est loin du côté écologique latent du vélo, les taxi-motos contribuent largement à la pollution contrairement au vélo, qui a longtemps été considéré comme un transport doux, préservant l’environnement.

Pour finir, je pense qu’il nous faut tous, et sans exception, connaître une expérience à vélo. Pour certains adolescents, le vélo devient de plus en plus ringard et délaissé, au profit de nouveaux loisirs. Chez moi, les plus petits qui n’ont pas connu « les années Gatsby » du vélo tentent de connaître ce charme suranné du vélo. Avec eux, j’ai la vague impression que le vélo a encore de beaux jours devant lui.


Dans l’attente de 2015, un dernier pour la route!

Promenade des anglais, Nice
Promenade des anglais, Nice

Assise sur la terrasse d’un café niçois, entrain de déguster ce bon vieux cappuccino en ce matin nuageux d’un décembre froid, je suis allée de ma petite rétrospective. Soyons clairs, l’année qui s’écoule était ma foi, une année pleine de déconvenues, une année qui n’a pas tenu ses promesses glanées un soir de 31 décembre sur les pages blanches de mon pense-bête.

Qu’à cela ne tienne, j’espère timidement 2015, même si, ce satané rhume m’empêche de respirer l’air frais venant de la promenade des anglais et de célébrer comme il se doit, les derniers instants de l’année qui s’écoule. Non ! Ce soir, la dernière page de mon agenda sera vierge et immaculée. En ce réveillon de la Saint-Sylvestre, je choisirai la lucidité et ne céderai pas au conformisme, je ne ferai pas de résolutions, ni de vœux pieux.

Je tâcherai d’être moins rêveuse et d’être plus pragmatique. Et pourtant ! Dieu seul sait que j’étais une fervente adepte de ces souhaits sans lendemain. Je tâcherai d’être simplement vivante afin de vivre pleinement chaque instant, entourée des personnes qui me sont chères.  Alors ! Dis-moi ! Que diable nous réserves-tu, 2015? Sapristi ! Je t’attends de pieds fermes !

A vous, lecteurs et lectrices, je dirai : Que votre année soit merveilleuse. Soyons fous, soyons nous-mêmes !

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Littérature : Quid des femmes africaines ?

Contrairement aux idées reçues, le continent noir n’est pas dépossédé d’écrivaines. Par ce billet, je ressens le besoin impérieux de mettre en avant une autre facette de l’Afrique noire: celle d’une région regorgeant d’écrivaines à la plume innée et raffinée. En outre, il s’agit de contredire toutes ces critiques qui avancent insidieusement qu’en Afrique, les livres ne servent que d’éventails.

Et pourtant, l’histoire africaine montre que les femmes noires ont également connu la révolution qui a permis leur accès à ce plaisir secret qu’est la lecture. En effet, leur rapport aux livres et à la lecture a été une ascension à la fois, lente et difficile. Système patriarcal oblige, elles n’avaient pas le droit de lire car le livre étant considéré par la société africaine comme objet de découverte de soi, de tentation et de passion pour la gent féminine. De cet fait, une femme noire qui lisait, appréhendait des connaissances qui, dès lors, l’empêchait de se soumettre. La révolution littéraire a ainsi permis à l’Africaine de s’émanciper, de s’approprier le livre mais aussi pour (certaines) d’apporter leur pierre à la construction de l’édifice littéraire du continent.

Cependant, dans le sillage des précurseurs de la littérature noire africaine, force est de constater qu’il n’existe pas une pléthore d’écrivaines. Seules les plus pugnaces, ont réussi à pénétrer ce cercle pourtant réservé aux hommes noirs. Nonobstant, celles qui y arrivent et qui s’affirment, ont au gré de récits inspirés, réussi à mettre en lumière la réalité africaine.

Qui sont les pionnières de la littérature africaines ?

Parmi les écrivaines africaines qui, ont transcender plus d’un par la qualité flamboyante de leur plume, il me faut citer la sénégalaise Mariama Bâ. Cette intellectuelle de l’après-indépendance est une des pionnières de la littérature noire féminine. Parmi ces œuvres majeures, “une si longue lettre“, que j’ai eu l’occasion de dévorer sur les bancs du lycée. Ce livre est sans doute aucune, une ode à la femme africaine. L’écrivaine dénonce avec poigne, la condition féminine, le mariage précoce ou la polygamie. De ma lecture, je retiendrais surtout ce petit passage clairvoyant :

« On ne prend pas rendez-vous avec le destin. Le destin empoigne qui il veut, quand il veut. Dans le sens de vos désirs, il vous apporte la plénitude. Mais le plus souvent, il déséquilibre et heurte. Alors, on subit…».

Mariama Bâ

Mariama Ba reste indéniablement une de celles qui posèrent les jalons de la littérature féminine subsaharienne. Dans sa lignée, je n’omettrais pas de mentionner l’emblématique Aminata Sow Fall ou la militante pur l’émancipation des femmes Ama Ata Aidoo.

Une nouvelle génération d’écrivaines africaines

Grâce à ces figures de proue, il existe à l’aune du 21e siècle, des jeunes romancières qui ont repris le flambeau et qui sortent subrepticement des sentiers battus (écrits sur la colonisation, négritude…). Elles constituent aujourd’hui, la nouvelle vague d’écrivaines noires avec toujours cette volonté mordicus d’apporter une touche de modernité à la littérature noire.


Léonora Miano

Leonora Miano
Léonora Miano

Parmi ces nouvelles figures, mention spéciale à la camerounaise Léonora Miano. Plume-épée, arme d’insurgée, verbe enflammé, Léonora Miano surprend plus d’un par ses écrits. Sournoisement ou brutalement, elle brise les codes d’écriture adoptés jusque là par ses pairs.A l’image de sa Nouvelle « Volcaniques : une anthologie du plaisir ». Une Nouvelle qui ne fait pas l’unanimité auprès des prudes et qui brûle littéralement le lecteur africain mais qui, a le mérite d’être clair : la sexualité de la femme noire ne devrait plus être tabou. A propos de sa Nouvelle, l’auteure argue :

« s’interdire de se montrer dans une posture de désir et de jouissance serait une conséquence de la racialisation… ».

Léonora Miano

En effet, dans ce recueil de paroles, l’écrivaine et ses acolytes évoquent le désir de la femme africaine, son dilettantisme sexuel, l’orgasme et l’érotisme le tout emprunt d’humour. Parmi ces chefs d’œuvres, on citera également Les aubes écarlates, Ces âmes chagrines et son dernier roman « la saison de l’ombre » qui lui a valu d’ailleurs, le prix Femina 2013.


Chimananda Ngozo Adiche

Chimananda Ngozo Adiche
Chimananda Ngozo Adiche

Plume élégante et encore fertile mais faisant échos à ses pensées. Elle, ce n’est autre que Chimamanda Ngozi Adichie. Écrivaine phare de cette nouvelle génération, féministe affirmée, l’auteure nigériane est en phase de connaître une renommée mondiale. Ses livres ont été traduit dans trente langues. On lui doit notamment « l’Hibiscus pourpre », un roman relatant de manière épistolaire et avec un certain lyrisme, les violences domestiques à l’encontre des femmes en Afrique noire. Son tout dernier roman « Americanah » parle duchoc des civilisations Afrique-Amérique. Outre la qualité de sa plume, la romancière est aussi adoubée pour son talent d’oratrice notamment pour son célèbre discours : «Nous devons tous être des féministes ». Elle représente aujourd’hui, un modèle pour beaucoup d’entre nous et une influence pour beaucoup de jeunes femmes intellectuelles du continent.


Pour finir, un paysage sans doute pittoresque mais subjectif de ma part, me diriez-vous. Certes! Malgré une liste non exhaustive, certaines écrivaines qui manient savamment l’écriture pourraient sans doute parfaire mon dessin. Hélas! Je ne pourrais toutes les mentionner. En revanche, cet état des lieux personnel prouve que la littérature féminine africaine reste encore un énorme champ à défricher. Nul doute que l’émergence des nouveaux médias laisse entrevoir une génération d’écrivaines en herbe capable de rendre audibles leurs voix par la qualité de leur plume même secrète.


Global Gender Gap, les femmes gagnent-elles du terrain?

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La 9e édition du rapport mondial sur le Global Gender Gap a été publiée ce mardi 28 octobre par le WEF (World Economic Forum). Si, les écarts s’amenuisent considérablement entre les deux sexes dans le domaine de la santé. Toutefois, souligne le rapport, il faudra attendre 2095 pour qu’on arrive à une parité des sexes dans le monde professionnel.

A l’aune de l’égalité, les femmes sont de plus en plus diplômées et occupent désormais les positions stratégiques dans les grandes entreprises. Néanmoins, il nous reste encore 81 ans pour atteindre le Glass ceiling (le plafond de verre).

Par ailleurs, aucun des 142 pays étudiés n’a encore atteint l’égalité zéro que ce soit dans le domaine de la participation à la vie économique, de l’éducation, de la vie politique ou de la santé. Cependant, force est de constater que les pays nordiques occupent le haut du classement et demeurent depuis 9 ans, les pays les plus égalitaires au monde.

Dans le top 5 mondial, on retrouve l’Irlande (1er) suivie de la Finlande, de la Norvège, de la Suède et du Danemark. Un ingrédient surprise dans cette assiette d’égalité de genre, le pays de Simone de Beauvoir. En effet, la France gagne 29 places et réalise un parfait bond en avant. De la 45e place, elle occupe désormais la 16e place du classement. Une avancée marquée de plus en plus par l’accès des femmes à des postes ministériels au cours de ces dernières années et surtout par les meilleurs scores du pays dans la parité dans l’éducation (la France est 1e mondial selon le WEF aussi bien dans l’éducation que la santé).

Quid de l’Afrique subsaharienne?
Selon l’Indice mondial de l’écart entre les genres, seuls trois pays subsahariens figurent dans le top 20 du classement. Il s’agit du Rwanda (7e mondial). Forte de ses politiques de réduction des inégalités hommes-femmes, le Rwanda est le premier pays africain à figurer dans le top 10 du classement et peut également se targuer de sa prééminence sur les 141 autres pays dans le domaine de la vie politique. En effet, le Rwanda est 1er dans la représentation des femmes au parlement (64 % des femmes contre 36 % pour les hommes). Il est suivi du Burundi, qui gagne cinq places pour se classer 17e mondial et ensuite, l’Afrique du Sud (18e).

Quant au Nigeria, première puissance économique africaine, il chute de 12 places et se retrouve à 118e position. Cette chute spectaculaire est due aux mauvais scores du pays dans le domaine de l’éducation. En effet, le pays du milliardaire Aliko Dangote est l’un des mauvais élèves en ce qui concerne l’égalité filles-garçons dans l’enseignement primaire et secondaire (vu les nombreuses attaques des pourfendeurs de l’éducation dans le pays, on peut sans doute comprendre les mauvais scores nigérians dans l’éducation).

Pour finir, la Guinée fait son entrée dans le classement du WEF et occupe directement la 132e position. Une avancée ou une dégringolade? On attendra le prochain rapport du WEF pour nous le dire. Ce qui est sûr, la Guinée prend de l’avance sur 10 pays mais reste en revanche, le deuxième pays à réaliser de mauvais chiffres pour la parité dans l’éducation filles-garçons (le pays est 141e sur 142 dans ce domaine). Autres pays subsahariens du top 50 : Mozambique (27e), Malawi (34e), Kenya (37e), Lesotho (38e), Namibie (40e), Madagascar (41e), Tanzanie (47e), Cap vert (50e).

En ce qui me concerne,  je retiens de ce rapport la longue marche (81 ans) qu’il nous reste à faire (nous les femmes) pour enfin devenir les Breadwinner dans le foyer. MAIS! On n’en démord pas, on fonce !

Pour les curieux, le reste du classement est à voir sur ce lien: https://reports.weforum.org/global-gender-gap-report-2014/rankings/


Etudiant africain: Doctorat et après?

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La noblesse de ce titre fait grincer plus d’un chez nous en Afrique. C’était le rêve de nos parents, c’est devenu aussi le nôtre. Un rêve ou presqu’une chimère? Voyons voir!

Que je me souvienne, en commençant mes études universitaires, j’ai toujours été animé par ce besoin impérieux d’aller jusqu’au doctorat. Non pas à cause de la majesté du titre, parce que mon père me le rappelait sans cesse: « il faut que tu deviennes Docteure ». Comprenez-le, c’est sa fierté de papa africain qui parlait, toujours voir plus grand, c’est le maître-mot de mon père. Je le comprenais cependant, car voir sa fille arborer fièrement sa robe de docteure est chez nous, synonyme de réussite sociale.

Bref, mes longues années d’études supérieures m’ont conforté dans cette idée de voler encore plus. Mais attention, à ne pas se brûler les ailes. Mon Master en Economie en poche, je me suis murer dans une profonde réflexion à propos des études doctorales que j’allais ou pas entamer. Oui, c’est bien beau d’être Docteure en Economie, en Droit ou en  Sciences, mais après la suite c’est quoi. Il faut surtout savoir instrumentaliser, concrétiser, parfaire tout cette recherche scientifique aussi bien en théorie ou en pratique car l’un n’exclue pas l’autre.

J’en viens à penser que l’étudiant africain qui souhaite se lancer dans des études doctorales doit se poser une pléthore de questions dont celle-ci: la recherche scientifique que je vais mener va t’elle accoucher d’une idée révolutionnaire pour le développement du continent? Car il faut le dire, le titre de Docteure trouve toute sa quintessence dans le fait même de créer, d’inventer, de solutionner un problème. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle, j’ai abandonné le navire. Certes, je n’ai pas la science infuse et reconnaît ne pas être un puits de science non plus. Mais les savoirs accumulés tout au long de mon parcours ont été, quelque peu heurtés par la violence de la dernière crise économique et financière. Voyez-vous, ce choc économique de grande ampleur a ébranlé les théories de ces grands économistes chevronnés dont je tairais le nom. Ils se sont tous trompés finalement j’ai eu envie de dire. Je me suis donc posée la question: serais-je capable d’apporter un plus à la science économique?

En poussant plus loin, on se rend compte que, nombreux sont aujourd’hui,  les universitaires africains qui s’engagent dans des études doctorales. J’en connais pas mal, (de mes ex-camarades de classe) qui poursuivent ce rêve de revêtir un jour ce titre. Mais aujourd’hui, à mi-chemin des trois années exigées pour le doctorat, ils se demandent si cela était nécessaire. Car, comme une illumination, ils sentent désormais que la tâche est difficile, que la probabilité d’apporter sa pierre à la construction de l’édifice est infinitésimale. Bref, je parle pour ceux qui sont évidemment en Economie où la logique veut que l’étudiant en doctorat soit capable de mener une recherche scientifique potentiellement exploitable.

D’ailleurs, pour appuyer du moins (partiellement) mes dires, la Banque mondiale et Elsevier tirait il y a quelques jours, la sonnette d’alarme dans leur dernier rapport. Leur constat est clair, la recherche scientifique n’est plus porteur de croissance économique. Certes, le volume de la recherche a littéralement doublé au cours de ces dix dernières années: l’Afrique compte de plus en plus de doctorants que cela soit en sciences physiques, ingénierie, technologiques et mathématiques. En revanche,  le seul bémol, c’est la part faible de l’Afrique dans la production mondiale de la recherche scientifique. Avoisinant les 1%, elle est loin de satisfaire les besoins de croissance (trop de doctorants, beaucoup moins de production pour l’Afrique).

Pour la Banque mondiale, il ne s’agit pas non plus, de freiner l’ardeur des étudiants africains à aller jusqu’au doctorat mais il faut à tout prix revoir les priorités africaines en matière de recherche scientifique. Si l’on en croit les chiffres du rapport: la santé constitue 45% de l’ensemble de la recherche sur le continent alors que les sciences physiques et les disciplines liées aux sciences, technologies, ingénierie et mathématiques ne représentent que 29% de la recherche. La Solution selon le rapport de refondre les systèmes d’enseignement supérieur pour produire des connaissances en adéquation avec les besoins du continent à l’heure actuelle.

En ce qui me concerne, j’en viens à conclure que les étudiants désirant poursuivre des  études doctorales  dans n’importe quel domaine, devraient vraiment s’interroger sur la nature de leur motivation et sur leur capacité à apporter quelque chose de nouveau à la science. Car plus que jamais, l’Afrique a besoin de chercheurs et de jeunes innovateurs.


Et l’aventure continue chez mondoblog

Show must go on! at mondoblog

Vous m’avez accompagnée dans mes premiers pas de jeune blogueuse sur ednancyview.overblog.com. Vous avez adoré ou détesté ma plume, adhéré ou pas aux causes que je défends avec opiniâtreté. Dans tous les cas de figure, je vous en remercie infiniment puisque vous m’avez lue.

Ici, chez mondoblog, une nouvelle « vie  » de blogueuse commence. Venez y prendre part.

Welcome to My World…

Communauté mondoblog!